Point sur l'uchronie de 2004 a 2013

Depuis la parution en janvier 2004 de la seconde édition revue et augmentée de notre Histoire revisitée. Panorama de l'uchronie sous toutes ses formes, le genre a continué de se développer et nous avons également découvert des textes francophones ou anciens qui nous avaient échappé jusque là. Voici donc remises à jour les listes que nous avions mises en annexe de notre essai.

Vous trouverez donc :

- Une ébauche d’une chronologie du genre jusqu’à 1939 (Annexe 2),

- Textes à caractère uchronique francophones (Annexe 3),

- Etudes sur l’uchronie et lectures complémentaires (Annexe 4).

Ces listes ont été complétées des nouveautés parues ou découvertes. Notre parti pris a été disons plus « puriste » pour cette mise à jour. Dans notre essai, nous avions volontairement conservé dans ces annexes quelques Histoires Secrètes ou pastiches qui nous avaient semblé avoir contribué au genre uchronique. Cette fois-ci, nous avons épuré les listes et éliminé systématiquement de notre sélection les :

- Histoires Secrètes qui n’induisent pas de modifications de l’Histoire du monde,

- Pastiches et autres Sequels de fictions tels que par exemple les simples suites de La Guerre des mondes de Wells ou les nombreux « bouchages de trous » dans la chronologie de Sherlock Holmes, 

- Récits de type Ruritanien et autres géographies parallèles contenant un pays imaginaire comme la Syldavie dans Tintin, 

- Paradoxes temporels ou voyages dans le temps sans conséquences uchroniques,

- Récits de temps à rebours,

- Histoires sur le thème de l’ « Histoire rigide », théorie selon laquelle quoiqu’on fasse l’Histoire telle que nous la connaissons finit inexorablement par se produire,

- Doubles temporels sans uchronie personnelle,

- Récits à multiples trames temporelles comme les Nicolas Eymerich,

- et bien sûr, les uchronies « a posteriori » qui n’en sont pas du tout et qui relèvent de l’anticipation, du thème des Guerres Futures ou de la Politique-Fiction, tous ces récits étant amenés tôt ou tard à être rattrapés par l’Histoire.

Pour qu’il y ait uchronie véritable, il faut soit un point de divergence (PdD) explicite (cas idéal), soit que l'on peut plus ou moins le deviner, puis si possible des descriptions des conséquences sur l’Histoire de cette divergence même si dans certains cas, l’uchronie s’achève sur l’avènement de ce point de divergence sans développements ultérieurs détaillés (Ponce Pilate de Caillois). Il faut surtout que l'auteur ait voulu écrire une uchronie, et l’habitué le constate sans peine à la lecture, et pas simplement qu’il ait introduit des personnages fictifs dans l’Histoire (tout Stendhal ou presque), des bizarreries ou décalages pour distinguer son univers du monde réel. Ni qu’il ait créé par exemple un 31 juin.

Cependant et afin de n’être pas trop puriste et de ne pas se priver de quelques récits borderline comme le genre les affectionne, nous avons décidé de conserver un certain nombre de textes mais de les distinguer dans les listes ci-dessous des véritables uchronies en les affublant d’un sigle précisant à quelle famille limite, ils appartiennent.

De fait, nous ajoutons devant ces entrées un :

up = uchronies personnelles. C’est ainsi que nous nommons celles comprenant un PdD concernant l’histoire personnelle d’un personnage fictif et non l’Histoire avec un grand « H » ou les récits de boucle temporelle.

ud = univers décalés soit ayant eu une certaine influence sur le genre, soit sortes d’uchronies camouflées à des fins « politiquement correctes ».

uf = Elseworlds (pour les comics) et autres uchronies de fiction qui ne sont pas de simples Sequels ou pastiches mais qui contiennent l’introduction d’un PdD dans la chronologie officielle d’une œuvre de fiction comme « Et si l’Etoile Noire n’avait pas explosé ? » dans le premier volet de La Guerre des étoiles.

ut = univers truqués, soit à des fins humoristiques, soit relevant d’une approche de type science-fiction-fiction telle que Joseph Altairac l’a défini dans son remarquable article Lavoisier a tort et Lucrèce a raison, ou introduction à la science-fiction-fiction [in Nous les Martiens n°21 de février 1992] ce qui nous permet de saluer l’importance de ressusciter aujourd’hui cette publication !

s = ambiance steampunk ou gaslight romance sans mention de PdD précis ni même d’indications pour le deviner. Attention, si un récit d’allure steampunk dispose d’un PdD précis, il devient alors une véritable uchronie et n’est pas distingué par un « s » dans les listes.

f = ambiance fantasy, utilisé à l’instar de la remarque faite pour le steampunk pour distinguer des uchronies qui ont vraiment l’air véritable (PdD, développements ultérieurs...) mais qui mettent en scène des créatures ou des caractères propres à la fantasy tels qu’usage de la magie ou présence de dragons. 

Enfin, nous avons précisé par une étoile (*) quand nous recherchions toujours certains textes dans leur édition originale soit que nous les ayons lus en bibliothèque soit que nous en possédions une copie et ce, au cas où un gentil lecteur serait prêt à s’en séparer pour nous permettre d’accroître notre « Musée de l’Uchronie », qui rappelons-le est à disposition de tout chercheur ou étudiant qui voudrait se pencher sur le genre ou tel ou tel de ses textes. Bonne lecture !

Eric B. Henriet 

2017  uchronews   globbers joomla templates