Looper

Looper - Combo Blu-ray + DVD + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook (Blu-Ray)

Film (durée 1H50)

Sortie Cinéma : 31/10/2012 Sortie DVD et autres : 06/03/2013

Réalisateur : Rian JOHNSON. Acteurs, Actrices : Bruce WILLIS, Joseph GORDON-LEVITT, Emily BLUNT

Mots-Clés : Science-Fiction, Thriller, Voyage dans le temps, Point de divergence, Uchronie.

Et si une organisation criminelle utilisait la technologie du voyage dans le temps pour créer des meurtres parfaits ?

Et si elle utilisait des tueurs d'un genre particulier pour faire le sale boulot ?

Et si elle avait un moyen efficace de les contrôler ?

Et si la machine se grippait ?

 

 

 

Dans un futur proche, où le progrès technologique permet aux polices de résoudre les meurtres de manière rapide et efficace, la Mafia est obligée d’innover : fini le temps béni où pour faire disparaître un corps on se contentait de le balancer dans une quelconque baie ou de le dissoudre dans un bidon rempli d’acide. Non Monsieur ! Maintenant on fait dans la haute technologie : tout d’abord on se saisit de la personne à liquider, appelons-le Bob pour faire plus simple. Bob, convenablement ficelé, bâillonné et cagoulé est envoyé dans le passé (30 ans en arrière) où une petite équipe de porte-flingues (qui s’appellent crânement les Loopers, les Boucleurs) se chargent de tuer Bob et de faire disparaître toute trace du corps. Ils touchent un salaire à base de lingots d’argent qu’ils changent auprès de la Mafia et mènent la grande vie : pépées, drogues, alcool ! Pas de revers de la médaille ? Eh bien si… Leur employeur n’a pas vraiment envie que ces braves petits réfléchissent trop, ou aillent tout balancer aux autorités. Du coup, de temps à autre, on leur expédie une victime bien particulière… Notre tueur abat sa victime nonchalamment, et au moment où il récupère sa prime sur le corps, il trouve des lingots d’or, code sympathique pour lui signifier que la personne qu’il vient de tuer n’est autre que lui-même : Il vient poétiquement de boucler sa boucle et crûment de se rendre compte ce qui l’attend : dans 30 ans on viendra le chercher. D’ici là, il peut s’amuser…

 

Joe, jeune tueur doué, cynique et un peu con sur les bords, fait son boulot de manière parfaite. Jusqu’au jour où il se retrouve face à lui-même et bizarrement, Old Joe n’a pas l’air d’être pressé d’en finir. Commence alors une course poursuite surprenante à plus d’un titre.

 

Vous avez vu la bande-annonce ? Oubliez-là ! Il fallait bien qu’on vous vende quelque chose, et rien de mieux qu’un film d’action façon old school pour vous donner envie de claquer quelques billets au cinéma ou dans un DVD… Pourtant Rian Johnson livre une œuvre beaucoup plus subtile que ce que l’on pourrait penser au premier abord. 

 

Le film est construit comme un tour d’illusionniste : Le voyage dans le temps est utilisé comme un objet magique qui attire votre attention et fait que vous en faites pas attention aux petits détails qui s’enfilent comme des perles sous vos yeux. Du coup vous vous focalisez sur la première partie de l’intrigue (découverte du cadre, mise en place de l’intrigue et course-poursuite), puis vint le moment de bascule, et la découverte de la deuxième partie, où plutôt de l’intrigue principale du film. De ce fait, ce film a un côté « poupées russes » très prononcé : ainsi plus vous avancerez, plus vous découvrirez de choses, et plus les personnages se dévoileront.

 

 

On retrouve bon nombre de symboles savamment mis en place par Rian Johnson tout au long de son œuvre : 

 

-Nous découvrons une Amérique déglinguée, où le rêve de la NRA est enfin devenu réalité : chaque citoyen armé peut non seulement participer à la défense de son pays mais surtout protéger les biens qu’il a chèrement acquis avec son tromblon ou son flingue.

 

-Le fait que le film se passe en partie au Kansas m’a fait songer au Magicien d’Oz (le voyage dans le temps fait très tour de magie, l’opposition ville corrompue / Vie à la Ferme, etc.)

 

-Johnson se fait énormément plaisir en mélangeant beaucoup de références visuelles : les vêtements et les décors font très années 50-60. 

 

-D’un point de vue psychologique, on se rend compte qu’à travers l’organisation mafieuse qu’il dépeint, on a l’impression de voir une fratrie de porte-flingues échappés d’un western spaghetti (et ils ont l’air tout aussi malins). 

 

-Toute la construction du film rappelle  A bout de souffle de Jean-Luc Godard. Le fatalisme en moins ? Le fait que le réalisateur ait voulu filmer une petite partie du film à Paris (Shanghai fut choisie car l’un des producteurs du film est chinois) permettrait de rattacher ce clin d’œil à la nouvelle vague.

 

 

-Le héros, Joe, n’a pas connu son père : la scène d’engueulade entre lui et Old Joe prend alors une dimension très père-fils. Même chose pour le personnage d’Abe et de Kid Blue, Johnson a-t-il voulu s’amuser avec les personnages de Pat Garret et de Billy the Kid ?

 

-Le film est basé entièrement sur la notion de rédemption (ce qui permet d’expliquer beaucoup de choses quand on arrive à la fin).

 

Pour conclure un film étonnant, à la fois subtil et bien barré, très bien filmé, et qu’on peut ranger à côté de l’Armée des 12 singes, La Jetée ou encore Terminator.

BC

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